Lancement officiel de l'Université Panafricaine, éducation, StarAfrica.com

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21/12/2011 10:47 GMT

Lancement officiel de l'Université Panafricaine

l'Université Panafricaine (UPA) a été officiellement lancée le mercredi 14 décembre 2011, à Addis Abéba, siège de l'Union Africaine.




La cérémonie a été co-présidée par Jean Ping, président de la Commission de l'Union et le Professeur Sam Ongeri ministre Kényan de l'éducation et président en exercice du Conseil des ministres de la COMEDAF. L'évènement transforme ainsi un concept et un vieux rêve en réalité, celle de créer des pôles d'excellence dans le domaine de l'économie du savoir pour former des cadres dans les disciplines dont le continent a le plus besoin aujourd'hui pour son développement. Il s'agit, entre autres, de l'Energie, l'Environnement, l'Innovation, la Gouvernance, la Technologie, les Sciences de l'Espace, l'Eau...etc. Un ambitieux programme qui devra se réaliser à travers cinq pôles régionaux spécialisés chacun dans son domaine de prédilection et qui focaliseront en même temps 10 noeuds universitaires oeuvrant tous dans les mêmes domaines de spécialités.



Ainsi en Afrique centrale c'est l'Université Yaoundé 2 qui a été choisie pour abriter l'Institut des Sciences sociales, des Humanités et la Bonne gouvernance, tandis que l'Institut des Sciences fondamentales et de l'Innovation sera abrité par l'Université Jomo Kenyatta de Nairobi et l'Université d'Ibadan du Nigéria aura la charge pour l'Afrique de l'Ouest de l'Institut des Sciences de la vie et de la Terre.



L'Institut de l'Eau, de l'Energie et des Changements climatiques qui revient à la région Nord de l'Afrique sera finalement installé à Annaba en Algérie après le désistement de la Libye dont les autorités qui en étaient postulantes, ont fini par reconnaitre bien avant même les évènements, selon des sources proches de la Commission de l'Union africaine, que le pays ne remplit pas toutes les conditions pour répondre aux exigences liées à son accueil. Une réunion de validation du choix est prévue au mois de janvier prochain à Alger, soit moins de deux mois avant son lancement officiel prévu au mois de mars 2012, a précisé le Pr Amadou Lamine Ndiaye du Sénégal, Président du hIgh Level Panel, lors de son exposé explicatif du projet. Quant à l'Afrique Australe région dont il revient d'accueillir l'Institut des Sciences de l'espace, tout porte à croire que c'est à l'Afrique du Sud qu'il reviendra la charge de l'accueillir.



En plus de disposer de tout le potentiel nécessaire (labos, équipements, enseignants) pour faire fonctionner une telle structure, le pays a déjà une forte expérience dans la formation en la matière. Dès lors, soutiennent les mêmes experts africains, il ne sert à rien de s'aventurer à l'implanter ailleurs où il va falloir tout inventer pour démarrer les choses. Ce serait le même argument qui a milité en faveur de l'Algérie, en Afrique du Nord.



Déjà, au niveau des trois centres d'excellence dont le démarrage a finalement été fixé au mois d'octobre 2012 (Yaoundé 2, Jomo Kenyatta et Ibadan), tout semble être quasiment au point. Les programmes sont ficelés, les responsables locaux nommés, a renseigné le Pr Jean Pierre Ezin, le Commissaire de l'Union Africaine chargé des Ressources Humaines, de la Science et de la Technologie que certains appellent le « le père de l'Université panaficaine ». Il ne reste plus, soutient ce dernier, qu'à lancer les opérations de recrutement des étudiants dont les effectifs des premières cohortes sont estimés à 100 étudiants par site et par an pour les cinq ans à venir. Ce qui va porter d'ici à 2015 l'effectif global de l'Institution à quelques 1500 étudiants, toutes disciplines confondues. Pour ce qui concerne les enseignants, ceux qui sont déjà en place et qui enseignent les disciplines ciblées seront renforcés par d'autres recrutés ailleurs dans le continent sur la base des critères d'excellence préalablement définis.



Les sources de financement de l'institution



Le financement de l'Université panafricaine sera assurée essentiellement par la Commission de l'Union Africaine, la maîtresse d'oeuvre de l'Institution, des pays abritant les instituts et les centres relevant de l'UPA. L'Université pense pouvoir également bénéficier d'importants autofinancements générés par les activités de recherche et les frais de scolarité des étudiants ; des contributions volontaires des Etats membres de l'Union ainsi que des contributions volontaires des secteurs industriels et du privé. Aussi , il est attendu d'importants financements des partenaires thématiques et autres partenaires au développement de l'Afrique ayant tous intérêt à voir le continent régler la question cruciale de formation des cadres de haut niveau dans les domaines les plus pointus. Ainsi déjà convaincus par la pertinence du projet et l'engagement des pays africains à le faire aboutir, plusieurs bailleurs ont commencé à exprimer leur volonté de participer au financement de certains instituts. Il s'agit notamment de l'Allemagne qui est intéressé par le Centre d'excellence de l'Eau, de l'Energie et des changements climatiques.

Le Japon s'est annoncé en faveur du site chargé de l'enseignement de la Science, de la Technologie et de l'Innovation tandis que l'Inde va financer l'Institut de la Science de la vie et de la Terre. La Suède elle, va participer au financement de l'Institut de la Science Sociale et de la Bonne Gouvernance. D'autres bailleurs comme l'Union Européenne, la Belgique, la BAD et la Chine sont tous prêts à intervenir dans le financement du projet. C'est dire en somme que cinq partenaires que sont l'Allemagne, l'Union Européenne, la Belgique, l'Inde et la Suède, sont prêts à accompagner les premiers pas de l'Université panafricaine en prenant en charge les 2/3 du budget nécessaire pour son fonctionnement. Comme principe de base du financement de l'institution, la mobilisation de ses ressources obéit à cinq critères que sont la suffisance et la durabilité ; la garantie et la disponibilité des fonds en temps voulu ; la garantie de rémunération adéquate du personnel ; la garantie d'une qualité durable de l'infrastructure et des équipements ; la garantie de l'appui à la mobilité de l'activité académique ; le respect des normes rigoureuses de gestion financière et la possibilité d'autofinancement.



Les mécanismes de fonctionnement de l'UPA



L'Université panafricaine sera gérée par trois principaux organes que sont le Conseil de l'UPA, le rectorat et le Conseil d'administration. Le Conseil de l'Université panafricaine est l'organe directeur de l'Institution et de ses fonctions. Et tel que le prévoient les textes, les membres du Conseil comprendront les représentants des principales parties prenantes dont des universitaires, des dirigeants communautaires, des représentants des communautés économiques régionales et ceux des secteurs industries et du privé. L'Association des Universités africaines( AUA) et l'Académie des sciences joueront également un rôle majeur dans le fonctionnement du Conseil de l'Université qui est chargé de veiller au respect de la vision de l'Union africaine, des impératifs d'excellence, de qualité, de la pertinence des programmes et de la politique de l'Institution.



Le rectorat lui sera l'organe exécutif de l'UPA. Il sera chargé de la planification, du suivi et de la coordination des instituts et des centres. Il aura à sa tête un recteur président qui va assurer la supervision de la communication et de la coopération interne et externe de l'Université. Ainsi, il est chargé de faire régulièrement rapport à la conférence des ministres de l'éducation, par le biais de la commission de l'Union africaine.



Quant au Conseil d'Administration, il a la responsabilité première de toutes les questions académiques de l'Université. Il comprendra entre autres, des représentants des recteurs ou des directeurs des instituts et des centres, des représentants des principaux centres thématiques et des étudiants. Le Conseil d'administration se réunira sur convocation du recteur président de l'UPA. C'est ce dernier qui présidera également ses réunions. Et le personnel de l'institution sera composé d'enseignants et d'agents administratifs permanents originaires des pays hôtes, d'enseignants fournis par les Etats membres, d'enseignants et de personnels administratifs temporaires fournis par les pays hôtes ainsi que par un personnel enseignant temporaire et un personnel enseignant invités, issus des pays membres, de la diaspora et des partenaires. Au cours de la cérémonie de présentation de l'institution, il a été évoqué la nécessité désormais pour l'Association des Universités Africaine (AUA), en tant que institution spécialisée des questions universitaires sur le continent, de s'impliquer voire de prendre le relais de la gestion de la structure.



La délivrance de diplômes et problématique des langues



La question de la délivrance des diplômes qui a préoccupé certains experts participants au lancement officiel de l'UPA, se trouve déjà réglée par un des 24 textes fondateurs de l'institution. Du moins c'est ce qu'a rappelé le Pr Amadou Lamine NDiaye, président du High Level Panel (HLP), l'équipe cheville ouvrière de l'Université panafricaine. Selon ce dernier qui a été chargé de rappeler aux participants les différentes péripéties qui ont abouti a ce résultat salué par l'ensemble de la communauté universitaire africaine, par souci de reconnaissance des sortants des différents instituts et centres par toute la communauté africaine, leurs diplômes seront bien évidemment cosignés par l'autorité de la structure d'accueil local et celle qui préside l'institution au nom de l'Union africaine. Pour ce qui concerne la question des langues, comme l'a bien rappelé également le Pr Amadou Lamine NDiaye, il est prévu au moins six mois d'apprentissage de langue pour les étudiants étrangers à la zone linguistique de la zone d'accueil d'un institut. Mais certains ont pensé que cette durée peut être très insuffisante pour se familiariser avec une langue dans laquelle il faudra apprendre surtout disciplines scientifique, technique et technologique. Une vérité à laquelle s'accorde un expert impliqué dans la conception du projet cependant il pense que les dix noeuds qui seront installés dans les autres pays contribueront sûrement à surmonter la difficulté des langues. Il précise en même temps que ces noeuds n'ont pas encore été identifiés parce qu'à la suite de l'appel d'offre il faudra procéder à une sélection rigoureuse. Ce même expert rappelle que tout ce qui concerne l'Université se fait par appel d'offres sur la base des termes de références bien précis.



Source: sudonline.sn


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