21/04/2011 08:52 GMT
Interview- Université Protestante de l'Afrique Centrale.
La décision de créer une Université Protestante en Afrique Centrale (UPAC), remonte à 1959 à Brazzaville en République Populaire du Congo. Aujourd’hui, cette université installée au Cameroun existe toujours et contribue à la formation des jeunes tant camerounais qu’originaires des quatre coins du continent africain. Quelles formations y sont dispensées ? Quelles mesures sont prises pour améliorer le rendement des étudiants ? René BAIDOU, Directeur Administratif et Financier de l’UPAC y répond pour StarAfrica.
StarAfrica : Quand est ce que l’UPAC s’est elle véritablement mise à diversifier ses enseignements, c'est-à-dire à fournir plusieurs formations.
UPAC : En 1959 effectivement, ce sont onze églises Protestantes d'Afrique et les Sociétés de Mission Américaines et Européennes qui avaient jugé nécessaire de créer dans un premier temps une Faculté de Théologie Protestante à Yaoundé au Cameroun avec une mission spécifique et des objectifs bien précis s'inscrivant dans la durée. Cette Faculté a été inaugurée le 17 Février 1962 par le Président Amadou Ahidjo, comme première Institution Universitaire au Cameroun. Mais c’est seulement en 2007 que l’établissement a pris l’envergure qu’il a maintenant. La mutation de l’ex-Faculté de Théologie en une Université complète a été entérinée par la reconnaissance de l´UPAC par le gouvernement de la République du Cameroun à travers un arrêté. J’ajoute que cet arrêté a donné par la même occasion le droit à l´Université Protestante d´Afrique Centrale de former dans les trois cycles du système LMD : Licence, Master et Doctorat.
Depuis 1959 que l’université est née, il a donc fallu attendre 2007 pour y avoir d’autres formations ?
Oui parce que les initiateurs du projet, de même que les dirigeants qui ont suivi d’ailleurs, n’avaient pas pour ambition immédiate d’en faire une université au sens étymologique du terme. C’était surtout un lieu de formation en Théologie. Pour ceux qui voulaient avoir des connaissances approfondies dans ce domaine que ce soit pour des raisons personnelles, pour devenir prêtre ou pasteur. C’est surtout grâce à la nouvelle politique de libéralisation de l’enseignement supérieur, mise en place par le gouvernement camerounais et à la vision de l’actuel recteur, le révérend professeur ANYAMBOD Emmanuel Anya que nous avons pu ouvrir d’autres facultés.
Et aujourd’hui, quels sont les principaux enseignements qui y sont dispensés ?
Nous avons en plus de la théologie, une faculté de sciences sociales et de Relations
Internationales composée du Département de Paix et Développement et du Département des Sciences de l’Information et de la Communication. On a aussi une faculté de médecine.
Combien d’étudiants environ accueillez-vous chaque année ?
Nous en recevons environ 600 par an venant d’au moins quinze (15) Pays.
Combien en ressortent diplômés ?
Pour le nombre exact, je ne saurais le dire mais nous avoisinons les 80% de taux de réussite.
Comment expliquez-vous alors les 20% restants d’échecs ?
Déjà, il faut noter que nous avons des étudiants qui ont démarré une vie professionnelle en plus de travailleurs qui viennent s’inscrire pour améliorer leur niveau. Ceux là n’arrivent pas tous à suivre le rythme et beaucoup abandonnent en cours de route. Avec ça, il faut compter avec les quelques uns qui manquent de volonté.
Quel rang occupe l’UPAC sur l’échiquier national ?
En tant qu’université privée, nous sommes arrivés deuxième du Cameroun en 2010. (La première place reviendrait à l’Université Catholique d’Afrique Centrale NDLR).
Pourriez-vous nous donner le coût approximatif d’une année scolaire chez vous ?
Les coûts de scolarité évoluent en fonction du niveau et de la formation choisie mais ils oscillent généralement entre 500 et 800 000 francs CFA l’année scolaire (soit entre 750 et 1220 euros).
Existe-t-il des aides ou des bourses pour faciliter l’accès aux formations aux étudiants étrangers ou camerounais ?
Au niveau interne non. Certains organismes se proposent cependant de financer les formations d’étudiants. Ce sont généralement des entreprises où l’étudiant exerce déjà une fonction ou fait un stage.
Quels sont les projets de l’UPAC en vue d’améliorer son rendement pour les cinq prochaines années ?
L’environnement de nos étudiants est notre priorité. Nous sommes entrain d’améliorer le cadre lui-même, de réaménager les salles de cours et les espaces verts afin d’en faire un lieu plus agréable. Nous travaillons aussi à développer notre second campus à Libamba, près de Yaoundé afin que les cours soient décentralisés. Enfin, nous sommes en plein développement d’un projet de construction de logements pour étudiants et nous sommes entrain d’achever la construction d’un bâtiment de 9 salles de classes financé par l’organisme allemand E.E.D. Au niveau académique, toujours grâce à E.E.D avec qui nous sommes partenaires, nous avons entrepris d’améliorer la formation des professeurs. Déjà deux d’entre eux sont en Allemagne. Au terme de ce programme de formation, nous aurons 15 enseignants pour renforcer l’équipe actuelle.
Propos recueillis par Fathim Kamara pour StarAfrica.
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